En été, après avoir fait du sport, as-tu déjà eu la gorge irritée ou les yeux rouges ? Il y a là souvent un lien avec les bulletins régulièrement diffusés par les médias à cette période de l’année (p. ex. l'annonce du mois d'août 2006). Le smog estival désigne une forte concentration d’ozone (O3) à proximité du sol.
Qu’est-ce que l’ozone (O3) et comment se forme-t-il ?
L’ozone est un gaz très proche de l’oxygène. Essentiel pour notre survie, l'oxygène est composé de deux atomes d’oxygène. Sous l’action des rayons ultraviolets du soleil (UV), riches en énergie, l’oxygène (O2) réagit avec les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV) et forme l’ozone (O3). Mais l’ozone se décompose aussi rapidement. Sans la lumière du soleil (p. ex. la nuit), les NOx et les COV ont exactement l’effet inverse et favorisent la dissolution de l’ozone.
Les oxydes d’azote proviennent de la combustion de carburants et de combustibles à hautes températures. Ils sont générés essentiellement par le trafic routier, les engins de chantier et l’agriculture.
Les COV proviennent de l’évaporation de solvants et de carburants ainsi que de combustions incomplètes. Les principales sources sont l’industrie, l’artisanat et le trafic routier. Le benzol fait également partie des COV.
Pour savoir exactement comment se forme l’ozone (O3), jouez la pièce de théâtre « Oh ozone, ne m'approche pas ! »
Quels sont les effets de l’ozone (O3) sur les êtres vivants ?
En Suisse, les valeurs moyennes annuelles de la concentration d’ozone mesurées au sol se situent dans une fourchette de 40 à 80 µg (microgrammes) par mètre cube d’air, soit 40 à 80 millionièmes de grammes (sources). Lorsque la quantité augmente, l’ozone (O3) peut agir comme un gaz irritant. Chaque personne réagit différemment à une pollution par l’ozone élevée. Cependant, nous sommes tous plus ou moins touchés par les conséquences aiguës de l'ozone sur notre santé. On ne connaît toutefois pas d’effets chroniques.
En général :
- Plus les valeurs d’ozone sont élevées, plus le nombre de personnes affectées augmente (concentration).
- Plus on respire longtemps un air riche en ozone, plus la réaction est forte (durée).
- Plus l’effort physique est intense, plus la réaction est forte (intensité de l’activité).
Parmi les nombreux effets connus d’une forte concentration d’ozone sur la santé humaine, on peut mentionner :
- irritations des muqueuses
- irritations des yeux
- amplification de la réaction des voies respiratoires à d’autres agents irritants (p. ex. pollen, poussières fines)
- maux de tête
- difficultés à respirer et réduction de la fonction pulmonaire
- réduction des performances physiques
- hausse de la mortalité à court terme
L’ozone est non seulement nocif pour les humains mais a également des effets néfastes sur les plantes et les animaux. Des concentrations élevées peuvent abîmer les feuilles, entraînant un ralentissement de la croissance et l’apparition de carence jusqu’aux racines. Il s’en suit alors des pertes de récoltes. Les plantes affaiblies sont moins protégées face aux autres influences environnementales. Chez les animaux d’élevage et la faune sauvage, les réactions sont similaires à celles des humains.
Pourquoi parle-t-on de « trou d’ozone » ?
D’un côté, on parle d’alertes à l’ozone et de valeurs limites, de l’autre, du trou d’ozone : alors y a-t-il trop ou pas assez d’ozone. Cette contradiction apparente vient du fait que l’ozone est présent dans différentes couches de l’atmosphère et a donc différents effets.
L’ozone proche du sol peut être un problème pour les humains et l’environnement. Mais lorsque les valeurs limites d’ozone sont dépassées – qu’il y a trop d’ozone dans l’air qu’on respire – la pollution n’est plus problématique uniquement pour les personnes sensibles. À l’inverse, l’ozone présent dans la stratosphère (entre 15 et 50 km d’altitude) est indispensable : sans lui, la vie ne serait pas possible. L’ozone présent dans la stratosphère forme une couche de protection autour de la Terre, qui absorbe la partie des rayons du soleil les plus riches en énergie et les maintient à distance de notre planète.
Dans la stratosphère, l’ozone se forme et se décompose en permanence. La couche d’ozone existe grâce à un équilibre dynamique. Mais, dans les années 1980, cet équilibre a été brisé, et des trous saisonniers se sont formés au niveau des pôles. Les responsables de cette destruction grandissante de l’ozone sont des substances qui étaient utilisées autrefois pour différentes applications (p. ex. les chlorofluorocarbones [CFC], employés dans les installations frigorifiques, ou les gaz propulseurs pour les bombes aérosols) et dont l’utilisation aujourd’hui est réglementée de manière très stricte partout dans le monde, voire interdite. Grâce à ces mesures et à d’autres pour protéger la couche d’ozone, elle-ci a pu se reconstruire ces dernières années, et le trou n’augmente plus.
Quand est-il préférable de ne pas faire de sport ?
Il n’est pas évident de dire quand il est préférable de ne pas faire de sport. La teneur en ozone de l’air que tu respires dépend de multiples facteurs. La météo joue un grand rôle sur la concentration plus ou moins élevée d’ozone, mais aussi l’endroit où tu te trouves (en extérieur ou dans une salle).
En principe, tu peux pratiquer une activité sportive même avec des valeurs élevées. Cependant, tu dois veiller à ne pas faire d’efforts prolongés au moment le plus chaud de la journée lorsque la concentration d’ozone est la plus forte. Lors de randonnées, prévois donc d’effectuer la partie la plus ardue avant midi, et réserve tes activités d’endurance de préférence pour le matin ou au soleil couchant.
En choisissant l’endroit où tu pratiques du sport, tu peux aussi réduire ton effort physique. Il est recommandé de faire du sport en forêt, car c’est plus ombragé et plus frais qu’en plein soleil, et donc moins éprouvant physiquement.
Pour connaître les valeurs d’ozone actuelles, consulte la page Inernet de l'Office fédéral de l'environnment (en été) ou le site Ozone-Info.ch. Tu peux également télécharger l’application airCHeck.